(Pour
revenir sur le site d'ADECAP) Article paru dans le journal des thérapeutes biodynamiques - le canard biodynamique - été 2010 Le Champ d'argile®, Sagesse du corps, Sagesse de la terre par
Bénédicte de Nazelle, thérapeute au Champ d'Argile
Inventée dans les années 70 par
un allemand, le professeur Heinz Deuser, cette approche a comme principaux fondements
théoriques la psychologie analytique de On
propose aux enfants et aux adultes de toucher de l'argile contenue dans un cadre
en bois posé à plat sur une table et de laisser faire les mains, c'est à dire
de suivre tous les gestes, toutes les impulsions, tous les besoins des mains.
Pour les adultes, il est conseillé de fermer les yeux pour être plus dans la sensation,
dans le ressenti du toucher. | |||||||||||
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La
particularité du travail au champ d'argile : la personne est mise en situation
d'acteur, de créateur de sa propre transformation, de sa propre vie, poussée par
l'élan vital issu du Soi. Quand on touche, on est touché. Le fait d'être touché provoque,
les thérapeutes biodynamiques le savent bien; cela réveille des besoins, invite
à des décisions, demande des réponses. Il existe de multiples façons d'être en contact avec le champ d'argile et d'agir : toucher, presser, former, caresser, pénétrer, percer, diviser, enlever... A titre d'illustration, voici quelques exemples de ressentis qui entraînent une action :" c'est compact, impénétrable " => besoin de trouer l'argile, d'aérer...;" c'est collant, encombrant " => besoin de décoller, de vider...;" c'est sec, dur, aride " => besoin d'humidifier, d'adoucir en mettant de l'eau ....La personne agit en fonction des sensations et de son ressenti; son action transforme le champ d'argile et la transforme également. Elle se rencontre elle-même et découvre ses propres possibilités, ses compétences souvent ignorées : saisir, prendre en main, trancher, séparer, etc...et elle se sent; par exemple : je soulève une grosse masse => je me ressens comme ayant du poids; je caresse l'argile, je lisse => je ressens de la douceur en moi; je forme une boule consistante => je me vis comme ayant de la consistance. Tout en transformant la matière, la personne se transforme et prend forme. Toute perception sensorielle
entraîne une action, un mouvement, un geste, et tout mouvement produit une nouvelle
perception, un nouveau ressenti, et ceci d'une façon simultanée. Vient ensuite un court échange verbal, qui permet de faire des liens entre ce qui s'est passé pendant la séance et des évènements biographiques, et de permettre une intégration de ce qui s'est vécu dans le champ. Cette approche peut être utilisée ponctuellement, en complément d'une thérapie verbale, mais aussi comme chemin de guérison et de transformation; la fréquence des séances est alors décidée d'un commun accord : séance hebdomadaire, ou bi-mensuelle, selon la demande et les circonstances. Le rôle de l'accompagnant : le thérapeute est là, au côté de la
personne qui travaille dans le champ. Il est présent, il soutient la personne
par sa présence et par ses interventions verbales, toujours très simples et sobres.
Et comme dans une thérapie biodynamique, il s'agit d'être au plus près de l'énergie
de vie de la personne accompagnée. Son rôle est très important : permettre à la
personne de trouver suffisamment de sécurité et d'appui, que ce soit dans le toucher
de la matière argile, dans le ressenti du cadre, dans la relation à l'accompagnant,
dans son propre corps. Lors
de ce magnifique congrès " Corps et Conscience " qui s'est déroulé à Paris en
2008, j'ai eu l'occasion, avec Sixtine Henry d'Aulnois et Benoît Saillau, d'animer
un atelier au cours duquel nous avons présenté le champ d'argile; nous avons montré
une video d'un processus filmé lors d'un stage de perfectionnement pour thérapeutes,
accompagnée de son compte-rendu, écrit juste après le travail par la personne
qui avait vécu l'expérience, en l'occurrence Benoit Saillau, lui-même thérapeute
au champ d'argile. Dans l'exemple qui suit, à chaque moment clé, j'ai inséré
en commentaire l'étape où se situait le travail, en me référant à un des schémas
mis au point par Heinz Deuser, le schéma du processus de formation de la Gestalt
optimale, schéma que vous pourrez voir ci-contre. En donnant des repères bien
précis, ce schéma permet à l'accompagnant de donner un soutien adapté au processus
en cours, par des interventions verbales spécifiques à chaque phase du travail.
Chaque processus de création suit les mêmes lois, et ce processus prend fin dans
la gestalt optimale, quand toutes les énergies du champ ont trouvé leur expression
et leur forme d'équilibre; c'est pourquoi il n'y a plus de mouvement possible
quand arrive la gestalt optimale. Chaque mouvement a trouvé son expression dans
la forme. On peut très clairement le percevoir dans l'exemple donné ci-après.
L'énergie est alors dans la forme. | |||||||||||
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Compte-rendu de la séance écrit par Benoit Saillau juste après le travail | |||||||||||
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Une
fois assis devant le cadre, il était important pour moi de bien me préparer. Régler
la hauteur du siège, afin que je puisse trouver un juste ancrage à la fois dans
l'assise du bassin | |||||||||||
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.Commentaire : s'orienter vers la rencontre en vue d'établir la relation La première
nécessité a été alors de contacter le cadre, tout le cadre, puis d'en éprouver
la résistance et la solidité de toutes les façons possibles. | |||||||||||
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.Commentaire : trouver appui et orientation
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Commentaire : expérience de l'action - se distinguer de l'objet Je m'ancrais dans
la nécessité de rencontrer mon masculin. Puis j'entrepris de vider le cadre. Je savais que
c'était cela la nécessité. Mais l'argile se montrait difficile à enlever, compacte,
revêche, | |||||||||||
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Commentaire : référence à ce qui est déjà acquis, objet comme vis à vis -> se détacher Tout
le cadre fût ainsi vidé. Parfois, en mettant les mottes sur la table, elles basculaient
par terre et c'était un plaisir pour moi. | |||||||||||
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Commentaire : crise - le moi face à sa propre condition, son ancien vécu Mes mains
rencontrèrent alors le bulgomme qui avait servi de support au cadre. La dimension
était plus grande que celle du cadre en bois. | |||||||||||
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Commentaire : se réassurer dans la relation à soi-même Comme par besoin d'entrer
en contact, d'apprivoiser, de saluer respectueusement. Puis je me redressai en
me déroulant. | |||||||||||
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Commentaire : recherche de l'équivalence Je m'ancrais sur mes coudes, avant-bras
levés, la coupe sur mon poing et m'appuyai le menton dessus. Puis je sentais la
terre qui était alors agréablement fraîche Je la posais au centre du bulgomme. Puis mes bras posés sur la table, je tenais la coupe dans mes mains. Mais je devais passer à l'étape suivante. Je refermai la coupe et en fis une boule que je comprimai bien sur elle-même. Je jouais en la faisant rouler
longuement d'un coté à l'autre. L'enjeu était ainsi de m'approprier tout l'espace,
et de tester ma capacité à gérer ce nouveau cadre sans bord. Puis elle se déforma et s'aplati un peu. Je la reformais mais elle s'aplati de nouveau. Je compris que je devais passer à un autre stade. Je la posais au centre et sentis la nécessité de monter de la terre au dessus de ce socle. Je fis ainsi un cône, une pyramide, assez haute et massive. | |||||||||||
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.Commentaire : image de position Je retrouvais, dans la matière et la construction, l'affirmation et l'ancrage de mon masculin. Stable et fort. Tel
un Shiva lingam. Je le lissai bien avec de l'eau, symbole de vie, le reliai bien
à sa base. Bien droit, les avants bras posés, mes mains tenaient la forme. Il était nécessaire de reprendre le cadre et d'y mettre cette forme au centre. Mes mains ne trouvaient pas leur place dans ce cadre avec lequel les retrouvailles ne s'étaient pas faites. Une parole de l'accompagnante m'aida à
comprendre que je devais explorer à nouveau ce cadre, y prendre appui, créer avec
lui une reliance, Je me mis debout pour incarner aussi sur la plan physique cette affirmation de moi-même dans le masculin. | |||||||||||
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Commentaire : recherche de l'équivalence par rapport à soi-même Mais ou placer mes mains ? Dans le cadre, sur les bords, à l'extérieur ? Tout cela n'était pas suffisamment juste. Les doigts de mes mains se glissèrent alors sous le cadre,
de chaque coté, près de moi. Je tenais le cadre dans mes mains détendues. | |||||||||||
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Commentaire : Gestalt optimale - accomplissement, équivalence Le Travail au Champ
d'Argile me montre tout mon potentiel et les capacités que j'ai pour le réaliser.
Il me permet d'aller au fond de moi chercher A moi maintenant de le réaliser dans mon quotidien.
Cet
exemple nous montre clairement que le travail au champ d'argile n'est pas intuitif,
mais suit une structure ontogénétique très précise, c'est là son originalité et
sa force. Heinz Deuser,
le créateur de cette méthode écrit : " nous nous trouvons comme êtres vivants
dans la vie et nous devons nous réaliser dans la vie.
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